EPITRE AUX HEBREUX

Le Nouveau Testament commenté

Chapitre 2 ~ Versets 1 à 18

Qui est le Christ ?


Traduction Louis Segond 1910

1 C'est pourquoi nous devons d'autant plus nous attacher aux choses que nous avons entendues, de peur que nous ne soyons emportés loin d'elles.

2 Car, si la parole annoncée par des anges a eu son effet, et si toute transgression et toute désobéissance a reçu une juste rétribution,

3 comment échapperons-nous en négligeant un si grand salut, qui, annoncé d'abord par le Seigneur, nous a été confirmé par ceux qui l'ont entendu,

4 Dieu appuyant leur témoignage par des signes, des prodiges, et divers miracles, et par les dons du Saint-Esprit distribués selon sa volonté.

5 En effet, ce n'est pas à des anges que Dieu a soumis le monde à venir dont nous parlons.

6 Or quelqu'un a rendu quelque part ce témoignage : Qu'est-ce que l'homme, pour que tu te souviennes de lui, Ou le fils de l'homme, pour que tu prennes soin de lui ?

7 Tu l'as abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges, Tu l'as couronné de gloire et d'honneur,

8 Tu as mis toutes choses sous ses pieds. En effet, en lui soumettant toutes choses, Dieu n'a rien laissé qui ne lui fût soumis. Cependant, nous ne voyons pas encore maintenant que toutes choses lui soient soumises.

9 Mais celui qui a été abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges, Jésus, nous le voyons couronné de gloire et d'honneur à cause de la mort qu'il a soufferte, afin que, par la grâce de Dieu, il souffrît la mort pour tous.

10 Il convenait, en effet, que celui pour qui et par qui sont toutes choses, et qui voulait conduire à la gloire beaucoup de fils, élevât à la perfection par les souffrances le Prince de leur salut.

11 Car celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous issus d'un seul. C'est pourquoi il n'a pas honte de les appeler frères,

12 lorsqu'il dit : J'annoncerai ton nom à mes frères, Je te célébrerai au milieu de l'assemblée.

13 Et encore : Je me confierai en toi. Et encore : Me voici, moi et les enfants que Dieu m'a donnés.

14 Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même, afin que, par la mort, il anéantît celui qui a la puissance de la mort, c'est-à-dire le diable,

15 et qu'il délivrât tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude.

16 Car assurément ce n'est pas à des anges qu'il vient en aide, mais c'est à la postérité d'Abraham.

17 En conséquence, il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères, afin qu'il fût un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu, pour faire l'expiation des péchés du peuple ;

18 car, ayant été tenté lui-même dans ce qu'il a souffert, il peut secourir ceux qui sont tentés.

Nouvelle traduction de la Bible

1. C'est pourquoi nous devons d'autant mieux prendre au sérieux ce que nous avons entendu pour ne pas aller à la dérive.

2. Car la parole annoncée par des anges s'est accomplie et toute transgression ou désobéissance ont reçu une juste rétribution.

3. Alors, comment y échapperions-nous, en négligeant un si grand salut, tout d'abord annoncé par le Seigneur, qui nous fut confirmé ensuite par ceux qui L'avaient entendu ?

4. Dieu en a appuyé le témoignage, par des signes et des prodiges, toutes sortes de miracles et de dons de l'Esprit Saint répartis selon Sa volonté.

5. Ce n'est donc pas à des anges qu'Il a soumis le monde à venir dont nous parlons.

6. L'attestation en est donnée quelque part quand il est dit : « Qu'est-ce que l'homme pour que tu te souviennes de lui ? Ou le fils de l'homme pour que tu le considères ? » (Psaume 8.4)

7. « Tu l'as abaissé quelque peu par rapport aux anges, de gloire et d'honneur tu l'as couronné. » (Psaume 8.5)

8. « Tu as tout mis sous ses pieds ! » Car en fait, en Lui soumettant toutes choses, Il n'a rien laissé qui ne Lui soit soumis. Pourtant, nous ne voyons pas encore que tout Lui a été soumis. (Psaume 8.6)

9. En Celui qui fut quelque peu abaissé par rapport aux anges, nous voyons Jésus qui fut couronné de gloire et d'honneur à cause de la mort dont Il a souffert. Ainsi, par la grâce de Dieu, Il a goûté la mort pour chacun.

10. Il convenait en effet à Celui pour qui et par qui tout existe d'amener à la gloire beaucoup de fils. En menant Ses souffrances jusqu'au bout, Il est l'initiateur de leur salut.

11. Car Lui qui sanctifie, et ceux qui sont en voie de sanctification, sont issus d'un seul Etre. Aussi n'a-t-il pas honte de les appeler "frères".

12. Il dit ainsi : « J'annoncerai ton nom à mes frères, je te louerai au milieu de l'assemblée. » (Psaume 22.22)

13. Et encore : « Moi, je mettrai ma confiance en lui », et aussi : « Me voici, moi et les enfants que Dieu m'a donnés. » (Ésaïe 8.17-18)

14. Puisque les enfants ont en commun le sang et la chair, Il partagea pareillement la même condition humaine, afin de réduire à l'impuissance, par Sa mort, celui qui avait le pouvoir de la mort, c'est-à-dire le diable.

15. Il a délivré tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient retenus toute leur vie dans la servitude.

16. Car assurément, ce n’est pas à des anges qu’Il vient en aide, mais c’est à la descendance d’Abraham.

17. De ce fait, Il devait se rendre semblable à Ses frères en tous points, afin de devenir un grand prêtre miséricordieux et fidèle au service de Dieu, pour expier les péchés du peuple.

18. Ainsi, puisqu'Il a souffert Lui-même en étant mis à l'épreuve, Il peut porter secours à ceux qui sont dans l'épreuve.

Allez jusqu'au bout de l'Evangile !

Commentaires et annotations

2.1 à 2.18 : Qui est le Christ ?
La conception d'un Dieu souverain, lointain ... voire hautain dans sa dignité, ne se concilie pas facilement avec celle du Dieu d'amour si proche de nous. Certains osent à peine s'adresser à Dieu dans leurs prières, d'autres lui disent "Tu", quelques-uns "Papa" tout comme Jésus qui L'appelait "Abba".

Le fait qu'Il se soit abaissé au point de vivre une condition d'homme a rétabli le lien rompu par Adam et Eve entre Dieu le Père et l'humanité déchue dès la Genèse. Le fossé créé par le retrait de Dieu de la face de l'homme est ainsi comblé par Son Fils unique qui a vécu les souffrances humaines.

Car s'Il doit nous juger, ce sera en connaissance de cause, non comme un juge confortablement assis sur son trône de toute éternité, mais comme un frère qui, ayant partagé nos épreuves, peut dès à présent nous conseiller par le ministère de l'Esprit Saint.

Cette "humanisation" d'un Dieu distant était annoncée dès le Premier (Ancien) Testament en ces termes : « Car ainsi parle le Très-Haut, dont la demeure est éternelle et dont le nom est saint :

J'habite dans les lieux élevés et dans la sainteté ; mais je suis avec l'homme contrit et humilié, afin de ranimer les esprits humiliés, afin de ranimer les cœurs contrits. » (Ésaïe 57.15)

Un Dieu tellement élevé, infini, parfait, et pourtant ... si proche de nous ...

Affligé par le comportement de l'humanité, Dieu avait conçu un plan que nul autre que Lui aurait pu concevoir : se donner en sacrifice, par Son propre Fils, pour effacer le péché de l'humanité.

Le chapitre 53 du Livre d'Esaïe expose clairement le plan de Dieu en annonçant ce que serait la vie du Messie souffrant. Mais bien que cet enseignement prophétique ait été porté à la connaissance de tous, lu et médité pendant des siècles, qui l'a compris au sein du Judaïsme ?

Dieu savait que ce message ne passerait pas !

Et le prophète commence sa prédication en ces termes : « Qui a cru a ce qui nous était annoncé ? » (Ésaïe 53.1)

Qui aurait pu croire une telle prophétie ?

Ni les Juifs, ni les païens, à en juger par l'incompréhension de l'eunuque éthiopien qui lisait ce rouleau d'Esaïe. Lorsque Philippe s'adressa à lui en demandant : « Comprends-tu vraiment ce que tu lis ? » (Actes 8.30)

L'eunuque a répondu : « Mais comment le pourrais-je si personne ne m'éclaire ? » (Actes 8.31)

Oui, qui aurait pu croire que Dieu s'incarne en homme pour souffrir à la place des hommes ?

Qui aurait pu le croire s'Il n'avait, de plus, envoyé l'Esprit Saint pour nous éclairer ?

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