EPITRE AUX HEBREUX

Le Nouveau Testament commenté

Chapitre 9 ~ Versets 1 à 28

Le sacrifice unique de Christ


Traduction Louis Segond 1910

1 La première alliance avait aussi des ordonnances relatives au culte, et le sanctuaire terrestre.

2 Un tabernacle fut, en effet, construit. Dans la partie antérieure, appelée le lieu saint, étaient le chandelier, la table, et les pains de proposition.

3 Derrière le second voile se trouvait la partie du tabernacle appelée le saint des saints,

4 renfermant l'autel d'or pour les parfums, et l'arche de l'alliance, entièrement recouverte d'or. Il y avait dans l'arche un vase d'or contenant la manne, la verge d'Aaron, qui avait fleuri, et les tables de l'alliance.

5 Au-dessus de l'arche étaient les chérubins de la gloire, couvrant de leur ombre le propitiatoire. Ce n'est pas le moment de parler en détail là-dessus.

6 Or, ces choses étant ainsi disposées, les sacrificateurs qui font le service entrent en tout temps dans la première partie du tabernacle ;

7 et dans la seconde le souverain sacrificateur seul entre une fois par an, non sans y porter du sang qu'il offre pour lui-même et pour les péchés du peuple.

8 Le Saint-Esprit montrait par là que le chemin du lieu très saint n'était pas encore ouvert, tant que le premier tabernacle subsistait.

9 C'est une figure pour le temps actuel, où l'on présente des offrandes et des sacrifices qui ne peuvent rendre parfait sous le rapport de la conscience celui qui rend ce culte,

10 et qui, avec les aliments, les boissons et les diverses ablutions, étaient des ordonnances charnelles imposées seulement jusqu'à une époque de réformation.

11 Mais Christ est venu comme souverain sacrificateur des biens à venir ; il a traversé le tabernacle plus grand et plus parfait, qui n'est pas construit de main d'homme, c'est-à-dire, qui n'est pas de cette création ;

12 et il est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle.

13 Car si le sang des taureaux et des boucs, et la cendre d'une vache, répandue sur ceux qui sont souillés, sanctifient et procurent la pureté de la chair,

14 combien plus le sang de Christ, qui, par un esprit éternel, s'est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des oeuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant !

15 Et c'est pour cela qu'il est le médiateur d'une nouvelle alliance, afin que, la mort étant intervenue pour le rachat des transgressions commises sous la première alliance, ceux qui ont été appelés reçoivent l'héritage éternel qui leur a été promis.

16 Car là où il y a un testament, il est nécessaire que la mort du testateur soit constatée.

17 Un testament, en effet, n'est valable qu'en cas de mort, puisqu'il n'a aucune force tant que le testateur vit.

18 Voilà pourquoi c'est avec du sang que même la première alliance fut inaugurée.

19 Moïse, après avoir prononcé devant tout le peuple tous les commandements de la loi, prit le sang des veaux et des boucs, avec de l'eau, de la laine écarlate, et de l'hysope ; et il fit l'aspersion sur le livre lui-même et sur tout le peuple,

20 en disant : Ceci est le sang de l'alliance que Dieu a ordonnée pour vous.

21 Il fit pareillement l'aspersion avec le sang sur le tabernacle et sur tous les ustensiles du culte.

22 Et presque tout, d'après la loi, est purifié avec du sang, et sans effusion de sang il n'y a pas de pardon.

23 Il était donc nécessaire, puisque les images des choses qui sont dans les cieux devaient être purifiées de cette manière, que les choses célestes elles-mêmes le fussent par des sacrifices plus excellents que ceux-là.

24 Car Christ n'est pas entré dans un sanctuaire fait de main d'homme, en imitation du véritable, mais il est entré dans le ciel même, afin de comparaître maintenant pour nous devant la face de Dieu.

25 Et ce n'est pas pour s'offrir lui-même plusieurs fois qu'il y est entré, comme le souverain sacrificateur entre chaque année dans le sanctuaire avec du sang étranger ;

26 autrement, il aurait fallu qu'il eût souffert plusieurs fois depuis la création du monde, tandis que maintenant, à la fin des siècles, il a paru une seule fois pour abolir le péché par son sacrifice.

27 Et comme il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement,

28 de même Christ, qui s'est offert une seule fois pour porter les péchés de plusieurs, apparaîtra sans péché une seconde fois à ceux qui l'attendent pour leur salut.

Nouvelle traduction de la Bible

1. La première alliance avait donc des règles pour le culte et un sanctuaire terrestre.

2. Car une tente fut installée, c'est la première, qui était appelée le lieu "saint", avec le chandelier, la table et les pains d'offrande.

3. Derrière le second voile, il y avait une tente appelée le "saint des saints".

4. Il s'y trouvait un brûle-parfum en or, l'arche de l'alliance entièrement recouverte d'or avec à l'intérieur une urne d'or contenant la manne, le bâton d'Aaron qui avait fleuri et les tables de l'alliance.

5. Au-dessus de l'arche, les chérubins de gloire couvraient de leur ombre le propitiatoire. Il n'y a pas lieu d'aller plus avant dans les détails.

6. Tout ceci étant ainsi en place, les prêtres entraient en tout temps dans la première tente pour accomplir leur service.

7. Dans la seconde, seul le grand-prêtre entrait une seule fois par an, non sans offrir du sang pour ses manquements et pour ceux du peuple.

8. L'Esprit Saint montre ainsi que l'accès au sanctuaire n'est pas ouvert tant que la première tente est dressée.

9. Voici donc une parabole pour le temps présent : des offrandes et des sacrifices sont offerts sans pouvoir conduire en pleine conscience à l'accomplissement celui qui rend le culte.

10. Il s'agissait seulement d'imposer des règles d'hommes sur les aliments, les boissons et des ablutions diverses, en attendant le temps du relèvement.

11. Christ est venu, grand-prêtre des biens à venir, par la plus grande et la plus parfaite des tentes qui n'est pas une œuvre d'homme, qui n'appartient donc pas à cette création.

12. Il est entré dans le sanctuaire une fois pour toutes, pour obtenir une libération définitive, non par le sang des boucs et des veaux, mais par Son propre sang.

13. Car le sang de boucs et de taureaux, comme la cendre de génisse répandue sur ceux qui étaient impurs, les sanctifiaient en purifiant le corps.

14. Mais le sang du Christ, qui s'est offert Lui-même à Dieu, par l'Esprit éternel, sans tache, purifiera notre conscience des œuvres mortes pour servir le Dieu vivant.

15. Voici pourquoi Il est Le médiateur d'une alliance nouvelle, parce que Sa mort est intervenue pour le rachat des transgressions du temps de la première alliance. Ceux qui sont appelés peuvent ainsi recevoir l'héritage éternel qui avait été promis.

16. Car là où il y a testament, il est nécessaire de prouver la mort du testateur.

17. En effet, un testament n'a de valeur qu'après la mort puisqu'il est sans effet tant que vit le testateur.

18. Ainsi, même la première alliance ne pouvait entrer en vigueur sans effusion de sang.

19. Car lorsque Moïse eut proclamé à tout le peuple chaque commandement conforme à la loi, il prit le sang de veaux et de boucs, avec de l'eau, de la laine écarlate et de l'hysope, puis en aspergea lui-même le livre de la loi et tout le peuple.

20. Il dit alors : « Ceci est le sang de l'alliance que Dieu a ordonnée pour vous. » (Exode 24.8)

21. Il aspergea aussi de sang la tente et tous les ustensiles du culte.

22. D'après la loi, c'est avec du sang que l'on purifie presque tout, et sans effusion de sang il n'y a pas de pardon.

23. S'il est donc nécessaire que les reproductions de ce qui est dans les cieux soient purifiées par ces rituels, il faut que les réalités célestes le soient par de bien meilleurs sacrifices.

24. Car Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait de main d’homme, une simple reproduction du véritable, mais Il est entré dans le ciel même, afin de comparaître maintenant pour nous devant la face de Dieu.

25. Ce n'est pas afin de s’offrir Lui-même plusieurs fois, comme le grand-prêtre qui entre chaque année dans le sanctuaire avec du sang allogène.

26. En ce cas, il aurait fallu qu’Il souffre plusieurs fois depuis la fondation du monde. C'est maintenant, à la fin des temps, une fois pour toutes, qu'Il a été manifesté par Son propre sacrifice pour abolir le péché.

27. Il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement.

28. De même le Christ, qui s’est offert une seule fois pour supporter les péchés d'une multitude, apparaîtra une seconde fois, sans péché, à ceux qui l’attendent pour le salut.

Allez jusqu'au bout de l'Evangile !

Commentaires et annotations

9.1 à 9.28 : Le sacrifice unique de Christ
Une seule fois !

Tout est accompli ... depuis la mort de Jésus, plus aucun sacrifice humain ou animal ne peut changer le cours des choses.

Pourtant, de nos jours, certaines religions pratiquent encore des sacrifices rituels, agneau ou autre animal, peu importe.

Chaque année, notamment aux Philippines, des hommes se font crucifier pour revivre la Passion du Christ pendant que d'autres se font fouetter.

Espèrent-ils ainsi un plus grand salut ou une place de choix aux côtés de Dieu ?

Les uns comme les autres ne connaissent pas Jésus.

Ils n'ont pas compris que Son seul sacrifice volontaire a mis un terme à des milliers d'années d'offrandes rituelles issues de la tradition d'Abraham mais déjà présentes au temps d'Abel.

Celui-ci « de son côté, en fit un des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse. » (Genèse 4.4)

Ils n'ont pas reçu les enseignements bibliques mais des interprétations qui laissent croire que l'on doit se mortifier pour accéder à la vie éternelle.

Que signifie le sacrifice ?

Quelle est son origine ?

D'un point de vue biblique, on considère implicitement que c'est Dieu qui accomplit le premier sacrifice pour couvrir la nudité d'Adam et Eve en les revêtant de peaux de bêtes.

« L'Eternel Dieu fit à Adam et à sa femme des habits de peau, et il les en revêtit. » (Genèse 3.21)

Dieu a ainsi réalisé le premier sacrifice animal pour couvrir le premier péché de l'humanité.

Et le dernier sacrifice nécessaire à tous les péchés de l'humanité, Il le réalise au travers de Son propre Fils : Jésus.

Au verset 22, il est écrit : « sans effusion de sang il n'y a pas de pardon. »

Il faut que quelqu'un paye !

Est-ce pour apaiser la colère de Dieu ?

Ou bien pour effacer le sentiment de culpabilité des hommes envers leurs propres fautes ?

Il est toujours plus facile de transférer sur un tiers innocent le prix du péché que de l'assumer soi-même.

L'histoire du péché de l'humanité s'est déroulée d'un sacrifice à l'autre.

Mais entre le premier et le dernier sacrifice, la différence est énorme !

Tous les sacrifices animaux n'ont servi qu'à une purification passagère du corps sans sauver pour autant la conscience individuelle.

« Car le sang de boucs et de taureaux, comme la cendre de génisse répandue sur ceux qui étaient impurs, les sanctifiaient en purifiant le corps. » (verset 13)

Par contre, le sacrifice de Jésus libère l'esprit et non le corps.

« Mais le sang du Christ, qui s'est offert Lui-même à Dieu, par l'Esprit éternel, sans tache, purifiera notre conscience des œuvres mortes pour servir le Dieu vivant. » (verset 14)

Purifier notre conscience, la libérer du péché et de tout ce qui est qualifiable "d'œuvres mortes" : voici la raison du sacrifice du Fils de Dieu !

Avons-nous bien compris la signification du dernier sacrifice : le sacrifice unique de Jésus ?

Pourrons-nous ainsi voir le Christ lors de Son retour ?

Qui Le verra ?

Peut-être uniquement ceux qui L'attendent puisqu'il est écrit au verset 28 qu'il apparaîtra « à ceux qui l'attendent pour le salut. »

Que verront les autres ?

Peut-être rien.

Ou une succession d'évènements surnaturels et incompréhensibles pour ceux qui ne L'attendent pas ...

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