EVANGILE de Jésus Christ selon LUC

Le Nouveau Testament commenté

Chapitre 20 ~ Versets 1 à 47

Jésus enseigne dans le Temple


Traduction Louis Segond 1910

1 Un de ces jours-là, comme Jésus enseignait le peuple dans le temple et qu'il annonçait la bonne nouvelle, les principaux sacrificateurs et les scribes, avec les anciens, survinrent,

2 et lui dirent : Dis-nous, par quelle autorité fais-tu ces choses, ou qui est celui qui t'a donné cette autorité ?

3 Il leur répondit : Je vous adresserai aussi une question. Dites-moi,

4 le baptême de Jean venait-il du ciel, ou des hommes ?

5 Mais ils raisonnèrent ainsi entre eux : Si nous répondons : "Du ciel", il dira : "Pourquoi n'avez-vous pas cru en lui ?"

6 Et si nous répondons : "Des hommes", tout le peuple nous lapidera, car il est persuadé que Jean était un prophète.

7 Alors ils répondirent qu'ils ne savaient d'où il venait.

8 Et Jésus leur dit : Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais ces choses.

9 Il se mit ensuite à dire au peuple cette parabole : Un homme planta une vigne, l'afferma à des vignerons, et quitta pour longtemps le pays.

10 Au temps de la récolte, il envoya un serviteur vers les vignerons, pour qu'ils lui donnent une part du produit de la vigne. Les vignerons le battirent, et le renvoyèrent à vide.

11 Il envoya encore un autre serviteur ; ils le battirent, l'outragèrent, et le renvoyèrent à vide.

12 Il en envoya encore un troisième ; ils le blessèrent, et le chassèrent.

13 Le maître de la vigne dit : "Que ferai-je ? J'enverrai mon fils bien-aimé ; peut-être auront-ils pour lui du respect."

14 Mais, quand les vignerons le virent, ils raisonnèrent entre eux, et dirent : "Voici l'héritier ; tuons-le, afin que l'héritage soit à nous."

15 Et ils le jetèrent hors de la vigne, et le tuèrent. Maintenant, que leur fera le maître de la vigne ?

16 Il viendra, fera périr ces vignerons, et il donnera la vigne à d'autres. Lorsqu'ils eurent entendu cela, ils dirent : A Dieu ne plaise !

17 Mais, jetant les regards sur eux, Jésus dit : Que signifie donc ce qui est écrit : « La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient Est devenue la principale de l'angle ? »

18 Quiconque tombera sur cette pierre s'y brisera, et celui sur qui elle tombera sera écrasé.

19 Les principaux sacrificateurs et les scribes cherchèrent à mettre la main sur lui à l'heure même, mais ils craignirent le peuple. Ils avaient compris que c'était pour eux que Jésus avait dit cette parabole.

20 Ils se mirent à observer Jésus ; et ils envoyèrent des gens qui feignaient d'être justes, pour lui tendre des pièges et saisir de lui quelque parole, afin de le livrer au magistrat et à l'autorité du gouverneur.

21 Ces gens lui posèrent cette question : Maître, nous savons que tu parles et enseignes droitement, et que tu ne regardes pas à l'apparence, mais que tu enseignes la voie de Dieu selon la vérité.

22 Nous est-il permis, ou non, de payer le tribut à César ?

23 Jésus, apercevant leur ruse, leur répondit :

24 Montrez-moi un denier. De qui porte-t-il l'effigie et l'inscription ? De César, répondirent-ils.

25 Alors il leur dit : Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.

26 Ils ne purent rien reprendre dans ses paroles devant le peuple ; mais, étonnés de sa réponse, ils gardèrent le silence.

27 Quelques-uns des sadducéens, qui disent qu'il n'y a point de résurrection, s'approchèrent, et posèrent à Jésus cette question :

28 Maître, voici ce que Moïse nous a prescrit : « Si le frère de quelqu'un meurt, ayant une femme sans avoir d'enfants, son frère épousera la femme, et suscitera une postérité à son frère. »

29 Or, il y avait sept frères. Le premier se maria, et mourut sans enfants.

30 Le second et le troisième épousèrent la veuve ;

31 il en fut de même des sept, qui moururent sans laisser d'enfants.

32 Enfin, la femme mourut aussi.

33 A la résurrection, duquel d'entre eux sera-t-elle donc la femme ? Car les sept l'ont eue pour femme.

34 Jésus leur répondit : Les enfants de ce siècle prennent des femmes et des maris ;

35 mais ceux qui seront trouvés dignes d'avoir part au siècle à venir et à la résurrection des morts ne prendront ni femmes ni maris.

36 Car ils ne pourront plus mourir, parce qu'ils seront semblables aux anges, et qu'ils seront fils de Dieu, étant fils de la résurrection.

37 Que les morts ressuscitent, c'est ce que Moïse a fait connaître quand, à propos du buisson, il appelle le Seigneur « le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, et le Dieu de Jacob. »

38 Or, Dieu n'est pas Dieu des morts, mais des vivants ; car pour lui tous sont vivants.

39 Quelques-uns des scribes, prenant la parole, dirent : Maître, tu as bien parlé.

40 Et ils n'osaient plus lui faire aucune question.

41 Jésus leur dit : Comment dit-on que le Christ est fils de David ?

42 David lui-même dit dans le livre des Psaumes : « Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite,

43 Jusqu'à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied. »

44 David donc l'appelle Seigneur ; comment est-il son fils ?

45 Tandis que tout le peuple l'écoutait, il dit à ses disciples :

46 Gardez-vous des scribes, qui aiment à se promener en robes longues, et à être salués dans les places publiques ; qui recherchent les premiers sièges dans les synagogues, et les premières places dans les festins ;

47 qui dévorent les maisons des veuves, et qui font pour l'apparence de longues prières. Ils seront jugés plus sévèrement.

Nouvelle traduction de la Bible

1. Un jour où Il enseignait le peuple dans le temple et annonçait la Bonne Nouvelle, les grands prêtres et les scribes arrivèrent avec les anciens.

2. Ils Lui adressèrent ces paroles : Dis-nous en vertu de quelle autorité tu fais ceci ou bien qui t'a conféré cette autorité ?

3. Alors, Il leur répondit : Je vous poserai moi aussi une question. Dites-moi :

4. Le baptême de Jean venait-il du ciel ou bien des hommes ?

5. Ils se concertèrent en ces termes : Si nous disons : "Du ciel", il dira : "Pourquoi n'avez-vous pas cru en lui ?"

6. Et si nous disons : "Des hommes", tout le peuple va nous lapider car il est persuadé que Jean était un prophète.

7. Et ils répondirent ne pas le savoir.

8. Jésus leur dit : Alors moi non plus, je ne vous dis pas en vertu de quelle autorité je fais ceci.

9. Il dit alors au peuple cette parabole : Un homme planta une vigne, la loua à des vignerons et partit en voyage pour longtemps.

10. Le moment venu, il envoya un esclave vers les vignerons pour qu’ils lui donnent une part du produit de la vigne. Les vignerons le renvoyèrent à vide après l'avoir battu.

11. Il recommença en envoyant un autre esclave. Lui aussi, ils le battirent, l’outragèrent, et le renvoyèrent à vide.

12. Passant outre, il décida d'en envoyer un troisième. Lui aussi fut blessé et jeté dehors.

13. Le maître de la vigne dit alors : "Que ferai-je ? J’enverrai mon fils bien-aimé ; peut-être le respecteront-ils ?"

14. Quand ils le virent, les vignerons raisonnèrent entre eux : "Voici l’héritier, tuons-le, afin que l’héritage soit à nous !"

15. Alors, ils le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Que leur fera donc le maître de la vigne ?

16. Il viendra, fera périr ces vignerons, et il donnera la vigne à d’autres. En entendant cela, ils dirent : Il n'en est pas question !

17. Il fixa leurs regards et dit : Que signifie donc ce qui a été écrit : « La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs, est celle qui est devenue la pierre de l’angle ? »

18. Quiconque tombera sur cette pierre sera brisé, et celui sur qui elle tombera sera écrasé.

19. Alors les scribes et les grands prêtres cherchèrent à mettre la main aussitôt sur Lui, mais ils eurent peur du peuple. Car ils avaient compris que c’était pour eux qu'Il avait dit cette parabole.

20. Puis, après L'avoir épié, ils envoyèrent des espions qui feignaient d'être des justes. Ils voulaient Le prendre au piège afin de Le livrer au pouvoir et à l'autorité du gouverneur.

21. Ils L'interrogèrent en disant : Maître, nous savons que ce que tu dis et enseignes est juste, que tu ne te fies pas à l'apparence et enseignes vraiment la voie de Dieu.

22. Nous est-il permis, ou non, de verser l'impôt à César ?

23. Comme Il avait deviné leur fourberie, Il leur dit :

24. Montrez-moi un denier. De qui porte-t-il l'image ou l'inscription ? Les autres dirent : De César !

25. Il leur répondit : Donc, rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.

26. Ils ne purent Le prendre au piège devant le peuple. Stupéfaits par Sa réponse, ils se turent.

27. Quelques Sadducéens, de ceux qui disent qu'il n'y a pas de résurrection, s’approchèrent et L'interrogèrent.

28. Ils dirent : Maître, Moïse nous a prescrit : « Si le frère de quelqu’un meurt, laissant une femme sans enfant, que son frère épouse la femme et suscite une descendance à son frère. »

29. Or, il y avait sept frères, et le premier, qui était marié, mourut sans avoir d'enfant.

30. Il en fut de même pour le second.

31. Le troisième l'épousa aussi, puis il en fut de même pour les sept qui moururent sans laisser d’enfant.

32. Finalement la femme mourut aussi.

33. A la résurrection, duquel d’entre eux deviendra-t-elle donc la femme ? Car les sept l’ont eue pour femme.

34. Jésus leur répondit : Les gens de ce monde prennent des femmes et des maris.

35. Mais ceux qui seront jugés dignes du monde à venir et de la résurrection d'entre les morts ne prendront ni femmes ni maris.

36. Ils ne peuvent plus mourir, parce qu’ils sont pareils aux anges, et qu’ils sont fils de Dieu, étant fils de la résurrection.

37. Que les morts se réveillent, Moïse l'a aussi indiqué devant le buisson quand il appelle le Seigneur « le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac et Dieu de Jacob. »

38. Dieu n’est pas Dieu des morts, mais des vivants, car pour Lui tous sont vivants.

39. Quelques scribes dirent en réponse : Maître, tu as bien parlé.

40. Car ils n’osaient plus L'interroger sur rien.

41. Il leur dit encore : Comment peut-on dire que le Christ est fils de David ?

42. Car David lui-même dit dans le livre des Psaumes : « Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite !

43. Jusqu'à ce que je fasse de tes ennemis un escabeau sous tes pieds. »

44. David l'appelle donc Seigneur. Alors comment est-il son fils ?

45. Comme tout le peuple l'écoutait, Il dit à Ses disciples :

46. Gardez-vous des scribes, qui veulent se montrer en grandes robes et aiment les salutations sur les places publiques, les premiers sièges dans les synagogues, les premières places dans les dîners.

47. Ils dévorent les maisons des veuves et prient longuement en apparence. Ils seront plus lourdement condamnés.

Allez jusqu'au bout de l'Evangile !

Commentaires et annotations

20.1 à 20.8 : D'où vient l'autorité de Jésus ?
(Passages parallèles en Matthieu 21.23-27 et Marc 11.27-33)
20.9 à 20.19 : Parabole des vignerons
(Passages parallèles en Matthieu 21.33-46 et Marc 12.1-12)

Après la parabole des vignerons, Jésus se réfère à la "pierre de l'angle" (verset 17). La "pierre de l'angle" a suscité de nombreux commentaires.

La pierre angulaire d'un bâtiment, située à l'angle de deux murs, est cruciale pour l'alignement de ceux-ci et pour la solidité du bâtiment.

Jésus est cette pierre, celle qui servira d'assise au nouveau temple, à la future Eglise, qui permettra à chacun de s'aligner en fonction de Sa position, de s'appuyer sur Lui, ou de s'en désolidariser.

Cette pierre va devenir pour beaucoup une occasion de chute : « Quiconque tombera sur cette pierre sera brisé, et celui sur qui elle tombera sera écrasé. » (verset 18)

Comment peut-elle nous tomber dessus ?

Il faut en fait concevoir cette "pierre de l'angle" en trois dimensions : deux horizontales, certes, mais aussi une verticale.

Ceci peut s'appliquer à une arche de pierre.

L'équilibre d'une arche dépend de la clef de voûte qui se trouve à l'angle sommital. Cette pierre est, là aussi, la principale de l'angle.

Elle n'est pas posée au commencement, pour s'aligner dessus, mais à la fin, pour consolider l'ensemble.

La "pierre de l'angle" est à la base et au sommet, comme l'alpha et l'oméga, une allégorie représentant Jésus qui proclame en Apocalypse 22.13 : « Je suis l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. »

Jésus est ainsi la pierre de l'angle sommital. Nous pouvons nous réfugier sous son arche protectrice.

Mais si nous parvenons à écarter les piliers de l'arche, c'est la clef de voûte qui tombera en premier. Quel est notre choix ?

Ecarter, repousser, rejeter cette arche pour la faire tomber ?

Où l'accepter comme l'alliance qui nous est offerte, comme une porte ouverte sur l'Eglise (Assemblée des croyants) prête à nous accueillir ?

20.20 à 20.26 : L'impôt à César
(Passages parallèles en Matthieu 22.15-22 et Marc 12.13-17)
20.27 à 20.40 : La résurrection
(Passages parallèles en Matthieu 22.23-33 et Marc 12.18-27)

La foi dans la résurrection se révèle progressivement dans le Premier (Ancien) Testament.

Le terme de résurrection est souvent assimilé à la notion de réveil. La mort était ainsi conçue comme un sommeil dont les morts seraient appelés, tôt ou tard, à se réveiller.

Jésus en trouve la source au début du livre de l'Exode :

« Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. Moïse se cacha le visage, car il craignait de regarder Dieu. » (Exode 3.6)

Jésus en conclut ... « Dieu n'est pas Dieu des morts, mais des vivants, car pour Lui tous sont vivants. » (verset 38)

L'homme créé par Dieu n'a connu la mort que par sa désobéissance :

« L'Éternel Dieu donna cet ordre à l'homme : Tu pourras manger de tous les arbres du jardin ; mais tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras. » (Genèse 2.16-17)

Le plan conçu par Dieu pour l'homme, c'était la vie ... et non la mort, l'Etre ... plutôt que le non-être.

Dieu s'est révélé à Moïse en disant « Je serai qui je serai » (Exode 3.14).

Le nom de Dieu, le tétragramme "JHVH", est une forme du verbe "être" qui peut se traduire par "Il sera" ou "Celui qui fait devenir", ce qui exprime à la fois un état et un mouvement dans l'existence : la vie en est une forme d'expression.

Dieu est vivant et « créa l'homme à son image » : vivant !

L'homme a perdu la vie éternelle par la désobéissance d'un seul homme. Il la retrouve par l'obéissance d'un seul : Jésus Christ.

« Car comme par la désobéisance d'un seul homme une multitude de pécheurs s'est formée, c'est aussi de même que l'obéissance d'un seul formera une multitude de justes. » (Romains 5.19)

Les maladies, la vieillesse et la mort ont sanctionné le comportement d'un être qui est animé, depuis Adam, par une volonté orgueilleuse.

« Alors l’Eternel dit : Mon esprit ne restera pas à toujours dans l’homme, car l’homme n’est que chair, et ses jours seront de cent vingt ans. » (Genèse 6.3)

Des millénaires se sont écoulés, et les hommes se heurtent toujours à cette barrière.

20.41 à 20.44 : Le Messie et David
(Passages parallèles en Matthieu 22.41-45 et Marc 12.35-37)
20.45 à 20.47 : Se méfier des scribes
(Passage parallèle en Marc 12.38-40)

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