EVANGILE de Jésus Christ selon MARC

Le Nouveau Testament commenté

Chapitre 7 ~ Versets 1 à 37

Jésus face aux Pharisiens


Traduction Louis Segond 1910

1 Les pharisiens et quelques scribes, venus de Jérusalem, s'assemblèrent auprès de Jésus.

2 Ils virent quelques-uns de ses disciples prendre leurs repas avec des mains impures, c'est-à-dire, non lavées.

3 Or, les pharisiens et tous les Juifs ne mangent pas sans s'être lavé soigneusement les mains, conformément à la tradition des anciens ;

4 et, quand ils reviennent de la place publique, ils ne mangent qu'après s'être purifiés. Ils ont encore beaucoup d'autres observances traditionnelles, comme le lavage des coupes, des cruches et des vases d'airain.

5 Et les pharisiens et les scribes lui demandèrent : Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens, mais prennent-ils leurs repas avec des mains impures ?

6 Jésus leur répondit : Hypocrites, Esaïe a bien prophétisé sur vous, ainsi qu'il est écrit : « Ce peuple m'honore des lèvres, Mais son coeur est éloigné de moi.

7 C'est en vain qu'ils m'honorent, En donnant des préceptes qui sont des commandements d'hommes. »

8 Vous abandonnez le commandement de Dieu, et vous observez la tradition des hommes.

9 Il leur dit encore : Vous anéantissez fort bien le commandement de Dieu, pour garder votre tradition.

10 Car Moïse a dit : « Honore ton père et ta mère » ; et : « Celui qui maudira son père ou sa mère sera puni de mort. »

11 Mais vous, vous dites : "Si un homme dit à son père ou à sa mère : Ce dont j'aurais pu t'assister est corban, c'est-à-dire, une offrande à Dieu,"

12 vous ne le laissez plus rien faire pour son père ou pour sa mère,

13 annulant ainsi la parole de Dieu par votre tradition, que vous avez établie. Et vous faites beaucoup d'autres choses semblables.

14 Ensuite, ayant de nouveau appelé la foule à lui, il lui dit : Ecoutez-moi tous, et comprenez.

15 Il n'est hors de l'homme rien qui, entrant en lui, puisse le souiller ; mais ce qui sort de l'homme, c'est ce qui le souille.

16 Si quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu'il entende.

17 Lorsqu'il fut entré dans la maison, loin de la foule, ses disciples l'interrogèrent sur cette parabole.

18 Il leur dit : Vous aussi, êtes-vous donc sans intelligence ? Ne comprenez-vous pas que rien de ce qui du dehors entre dans l'homme ne peut le souiller ?

19 Car cela n'entre pas dans son coeur, mais dans son ventre, puis s'en va dans les lieux secrets, qui purifient tous les aliments.

20 Il dit encore : Ce qui sort de l'homme, c'est ce qui souille l'homme.

21 Car c'est du dedans, c'est du coeur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les impudicités, les meurtres,

22 les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie.

23 Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans, et souillent l'homme.

24 Jésus, étant parti de là, s'en alla dans le territoire de Tyr et de Sidon. Il entra dans une maison, désirant que personne ne le sût ; mais il ne put rester caché.

25 Car une femme, dont la fille était possédée d'un esprit impur, entendit parler de lui, et vint se jeter à ses pieds.

26 Cette femme était grecque, syro-phénicienne d'origine. Elle le pria de chasser le démon hors de sa fille.

27 Jésus lui dit : Laisse d'abord les enfants se rassasier ; car il n'est pas bien de prendre le pain des enfants, et de le jeter aux petits chiens.

28 Oui, Seigneur, lui répondit-elle, mais les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des enfants.

29 Alors il lui dit : A cause de cette parole, va, le démon est sorti de ta fille.

30 Et, quand elle rentra dans sa maison, elle trouva l'enfant couchée sur le lit, le démon étant sorti.

31 Jésus quitta le territoire de Tyr, et revint par Sidon vers la mer de Galilée, en traversant le pays de la Décapole.

32 On lui amena un sourd, qui avait de la difficulté à parler, et on le pria de lui imposer les mains.

33 Il le prit à part loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et lui toucha la langue avec sa propre salive ;

34 puis, levant les yeux au ciel, il soupira, et dit : Ephphatha, c'est-à-dire, ouvre-toi.

35 Aussitôt ses oreilles s'ouvrirent, sa langue se délia, et il parla très bien.

36 Jésus leur recommanda de n'en parler à personne ; mais plus il le leur recommanda, plus ils le publièrent.

37 Ils étaient dans le plus grand étonnement, et disaient : Il fait tout à merveille ; même il fait entendre les sourds, et parler les muets.

Nouvelle traduction de la Bible

1. Les Pharisiens et quelques scribes venus de Jérusalem s’assemblèrent auprès de Jésus.

2. Ils virent certains de Ses disciples manger du pain avec des mains souillées, c’est-à-dire non lavées.

3. Car les Pharisiens et tous les Juifs ne mangent pas sans s’être lavés les mains jusqu'aux coudes, s'en tenant à la tradition des anciens.

4. Au retour d'un lieu public, ils ne mangent qu’après s’être lavés et observent beaucoup d’autres pratiques coutumières qu'ils ont reçues : lavage des coupes, des cruches et des plats de bronze.

5. Les Pharisiens et les scribes L'interrogèrent : Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens mais mangent le pain avec des mains souillées ?

6. Il leur dit : Esaïe a bien prophétisé sur vous, les hypocrites, quand il a écrit : « Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi. »

7. « C'est en vain qu'ils m’honorent, érigeant pour enseignements des commandements humains. » (Esaïe 29.13)

8. En abandonnant le commandement de Dieu, vous observez la tradition des hommes.

9. Il leur dit aussi : Vous repoussez bel et bien le commandement de Dieu, afin de préserver votre tradition.

10. Car Moïse a dit : « Honore ton père et ta mère », et : « Celui qui maudira son père ou sa mère, qu'il soit mis à mort ». (Exode 20.12 & 21.17)

11. Mais vous, vous dites qu'un homme peut dire à son père ou à sa mère : "Ce dont j’aurais pu t’assister est Qorban", c’est-à-dire une offrande sacrée.

12. Ainsi, vous ne le laissez plus rien faire pour son père ou pour sa mère.

13. Vous annulez la parole de Dieu par la tradition que vous transmettez. Et vous faites beaucoup de choses semblables.

14. Il appela de nouveau la foule près de Lui et Il dit : Ecoutez-moi tous et comprenez.

15. Il n'y a rien d'extérieur à l'homme, qui entre en lui, et qui peut le souiller. Mais ce qui sort de l'homme, voilà ce qui le souille.

16. [Ce passage n'apparaît pas dans la plupart des manuscrits]

17. Quand Il fut entré dans la maison, loin de la foule, Ses disciples L'interrogèrent sur la parabole.

18. Il leur dit : Etes-vous donc aussi dépourvus d'intelligence ? Vous ne comprenez pas que tout ce qui entre dans l'homme de l'extérieur ne peut le souiller ?

19. Parce que cela ne pénètre pas dans le cœur, mais dans le ventre, et s'en va dans le lieu d'aisance, car tous les aliments sont purs ?

20. Il dit : Ce qui sort de l'homme, voilà ce qui le souille.

21. Car c'est de l'intérieur, du cœur de l'homme, que sortent les mauvaises paroles et les inconduites, les vols, les meurtres.

22. Les adultères, la cupidité, la méchanceté, la ruse, la débauche, l'envie, le blasphème, l'orgueil, la déraison.

23. Toutes ces mauvaises choses sortent du dedans et souillent l'homme.

24. Il se leva et s'éloigna de là vers le territoire de Tyr. Il entra dans une maison. Il voulait que personne ne le sache mais Il ne put passer inaperçu.

25. Aussitôt, une femme, dont la fillette était possédée d’un esprit impur, ayant entendu parler de Lui, arriva et tomba à ses pieds.

26. Cette femme était grecque, d'origine syro-phénicienne. Elle Lui demanda d'expulser le démon hors de sa fille.

27. Il lui dit : Laisse d’abord les enfants se rassasier. Car il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens.

28. Elle Lui répondit : Seigneur, mais les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des enfants.

29. Alors Il lui dit : A cause de cette parole, va, le démon est sorti de ta fille.

30. Et, de retour dans sa maison, elle trouva l’enfant couchée sur le lit. Le démon était sorti.

31. Il quitta de nouveau le territoire de Tyr, passa par Sidon vers la mer de Galilée en traversant le territoire de la Décapole.

32. On Lui présenta un sourd qui parlait à peine. On Le supplia de lui imposer la main.

33. Il le prit à part, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles. Il cracha et lui toucha la langue.

34. Il leva les yeux vers le ciel, soupira, et Lui dit : Ephphatha, ce qui signifie : Ouvre-toi.

35. Aussitôt ses oreilles s'ouvrirent et sa langue fut déliée. Il parlait correctement.

36. Il leur recommanda de n'en parler à personne. Cependant, plus Il le leur recommandait et plus ils le faisaient savoir.

37. Ils étaient fortement impressionnés et disaient : Tout ce qu'il fait est bien. Il fait entendre les sourds et parler les muets.

Allez jusqu'au bout de l'Evangile !

Commentaires et annotations

7.1 à 7.23 : Les Pharisiens et la tradition
(Passage parallèle en Matthieu 15.1-20)

Aux temps de Jésus, les Pharisiens soucieux de la tradition étaient très pointilleux sur les formalités, les apparences.

Ne nous est-il jamais arrivé de déplorer l'attachement que certains portent aux apparences tout en négligeant d'aller au fond des choses ?

Ce problème du choix entre le fond et la forme peut se décliner dans de nombreux domaines :

- en politique, lorsque l'on reproche à un dirigeant de prendre des mesures superficielles sans procéder aux réformes de fond dont la société aurait besoin,

- à l'entreprise, lorsque l'on voit un collègue en apparence toujours zélé à l'égard de la direction pour mieux masquer la réalité de son improductivité,

- à la sortie de l'église, lorsque l'on entend des chrétiens dont les déclarations expriment une grande religiosité tandis que leurs actes les éloignent des commandements de Dieu.

Mais ne suis-je pas, ou n'ai-je pas été au moins une fois, l'un de ceux-là ?

Tout comme les Pharisiens, ne nous arrive t-il pas d'être soucieux de sauver les apparences ?

La tradition est là, bien imprégnée en nous et autour de nous, dans une société de spectacle où règnent toutes formes d'hypocrisie depuis des millénaires ...

Sept siècles avant Jésus le prophète Esaïe pouvait déjà déclarer : « Le Seigneur dit : Quand ce peuple s'approche de moi, Il m'honore de la bouche et des lèvres. Mais son cœur est éloigné de moi, et la crainte qu'il a de moi n'est qu'un précepte de tradition humaine. » (Esaïe 29.13)

Cette citation est reprise par Marc aux versets 6-7 et, 2 000 ans plus tard, elle demeure d'actualité.

De tous temps, les hommes se sont comportés ainsi. La tradition des hommes s'exprime au travers des religions.

Mais quel est donc ce « commandement » que l'homme abandonne et qui devrait rapprocher son cœur de celui du Seigneur au lieu de l'éloigner ?

N'est-ce pas : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » ?

7.24 à 7.30 : La foi d'une païenne
(Passage parallèle en Matthieu 15.21-28)

Une femme de rien, une païenne, qui se jette aux pieds de Jésus pour qu'il guérisse sa fille ...

Jésus lui a d'abord répondu : « Laisse d’abord les enfants se rassasier. Car il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. » (verset 27)

Le qualificatif de "chien" était courant chez les juifs à l'égard des païens, reflet d'un certain mépris que Jésus va dépasser.

En effet, jusque là, Il considère que Son ministère se limite au peuple d'Israël.

Il est précisé en Matthieu 15.24 : « Je n’ai été envoyé que pour les brebis perdues de la maison d’Israël. »

Mais Il va se raviser devant l'humilité et la foi de cette païenne :

« Alors Jésus lui répondit : "Femme, ta foi est grande. Qu’il en soit pour toi comme tu le veux." Et Il guérit sa fille à l’heure même. » (Matthieu 15.28)

Désormais, Jésus va se tourner vers les païens.

Les Evangiles selon Marc et Matthieu concordent en présentant cet épisode comme un tournant dans le ministère du Messie.

Sauveur des juifs dans un premier temps, Il devient Sauveur du monde après avoir croisé une femme inconnue dont tout le monde a oublié le nom mais qui a su ramasser les miettes de la Grâce divine là où elles tombent.

Elle n'aura ni statue, ni fête dans le calendrier.

Cette femme était simplement « grecque, d'origine syro-phénicienne. »

Jésus a été fréquemment confronté à la foi des païens.

A la différence des juifs religieux qui recherchaient les sources de la foi à l'extérieur, dans les traditions, ceux qui viennent à Jésus le font "de l'intérieur".

Bien souvent, ils ne se posent pas de question : la foi est au rendez-vous, en toute simplicité.

C'est pourquoi Jésus invitait Ses disciples à s'approcher du Royaume de Dieu avec le regard d'un enfant.

Car les traditions, comme toute forme d'intelligence humaine, créent un voile de séparation qui obscurcit notre jugement.

7.31 à 7.37 : Guérison d'un sourd-muet

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