EVANGILE de Jésus Christ selon MATTHIEU

Le Nouveau Testament comment�

Chapitre 14 ~ Versets 1 � 36

La multiplication des pains


Traduction Louis Segond 1910

1 En ce temps-l�, H�rode le t�trarque, ayant entendu parler de J�sus,

2 dit � ses serviteurs : C�est Jean-Baptiste ! Il est ressuscit� des morts, et c�est pour cela qu�il se fait par lui des miracles.

3 Car H�rode, qui avait fait arr�ter Jean, l�avait li� et mis en prison, � cause d�H�rodias, femme de Philippe, son fr�re,

4 parce que Jean lui disait : Il ne t�est pas permis de l�avoir pour femme.

5 Il voulait le faire mourir, mais il craignait la foule, parce qu�elle regardait Jean comme un proph�te.

6 Or, lorsqu�on c�l�bra l�anniversaire de la naissance d�H�rode, la fille d�H�rodias dansa au milieu des convives, et plut � H�rode,

7 de sorte qu�il promit avec serment de lui donner ce qu�elle demanderait.

8 A l�instigation de sa m�re, elle dit : Donne-moi ici, sur un plat, la t�te de Jean-Baptiste.

9 Le roi fut attrist� ; mais, � cause de ses serments et des convives, il commanda qu�on la lui donne,

10 et il envoya d�capiter Jean dans la prison.

11 Sa t�te fut apport�e sur un plat, et donn�e � la jeune fille, qui la porta � sa m�re.

12 Les disciples de Jean vinrent prendre son corps, et l�ensevelirent. Et ils all�rent l�annoncer � J�sus.

13 A cette nouvelle, J�sus partit de l� dans une barque, pour se retirer � l��cart dans un lieu d�sert ; et la foule, l�ayant su, sortit des villes et le suivit � pied.

14 Quand il sortit de la barque, il vit une grande foule, et fut �mu de compassion pour elle, et il gu�rit les malades.

15 Le soir �tant venu, les disciples s�approch�rent de lui, et dirent : Ce lieu est d�sert, et l�heure est d�j� avanc�e ; renvoie la foule, afin qu�elle aille dans les villages, pour s�acheter des vivres.

16 J�sus leur r�pondit : Ils n�ont pas besoin de s�en aller ; donnez-leur vous-m�mes � manger.

17 Mais ils lui dirent : Nous n�avons ici que cinq pains et deux poissons.

18 Et il dit : Apportez-les-moi.

19 Il fit asseoir la foule sur l�herbe, prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux vers le ciel, il rendit gr�ces. Puis, il rompit les pains et les donna aux disciples, qui les distribu�rent � la foule.

20 Tous mang�rent et furent rassasi�s, et l�on emporta douze paniers pleins des morceaux qui restaient.

21 Ceux qui avaient mang� �taient environ cinq mille hommes, sans les femmes et les enfants.

22 Aussit�t apr�s, il obligea les disciples � monter dans la barque et � passer avant lui de l�autre c�t�, pendant qu�il renverrait la foule.

23 Quand il l�eut renvoy�e, il monta sur la montagne, pour prier � l��cart ; et, comme le soir �tait venu, il �tait l� seul.

24 La barque, d�j� au milieu de la mer, �tait battue par les flots ; car le vent �tait contraire.

25 A la quatri�me veille de la nuit, J�sus alla vers eux, marchant sur la mer.

26 Quand les disciples le virent marcher sur la mer, ils furent troubl�s, et dirent : C�est un fant�me ! Et, dans leur frayeur, ils pouss�rent des cris.

27 J�sus leur dit aussit�t : Rassurez-vous, c�est moi ; n�ayez pas peur !

28 Pierre lui r�pondit : Seigneur, si c�est toi, ordonne que j�aille vers toi sur les eaux.

29 Et il dit : Viens ! Pierre sortit de la barque, et marcha sur les eaux, pour aller vers J�sus.

30 Mais, voyant que le vent �tait fort, il eut peur ; et, comme il commen�ait � enfoncer, il s��cria : Seigneur, sauve-moi !

31 Aussit�t J�sus �tendit la main, le saisit, et lui dit : Homme de peu de foi, pourquoi as-tu dout� ?

32 Et ils mont�rent dans la barque, et le vent cessa.

33 Ceux qui �taient dans la barque vinrent se prosterner devant J�sus, et dirent : Tu es v�ritablement le Fils de Dieu.

34 Apr�s avoir travers� la mer, ils vinrent dans le pays de G�n�sareth.

35 Les gens de ce lieu, ayant reconnu J�sus, envoy�rent des messagers dans tous les environs, et on lui amena tous les malades.

36 Ils le pri�rent de leur permettre seulement de toucher le bord de son v�tement. Et tous ceux qui le touch�rent furent gu�ris.

Nouvelle traduction de la Bible

1. En ce temps-l�, H�rode le t�trarque entendit parler de J�sus.

2. Il dit � ses serviteurs : C�est Jean le baptiste qui s'est r�veill� des morts, et c�est pourquoi il accomplit des miracles.

3. En effet H�rode, s'�tant saisi de Jean, l�avait li� et mis en prison, � cause d�H�rodiade, la femme de Philippe, son fr�re.

4. Car Jean lui disait : Il ne t�est pas permis d'avoir cette femme.

5. Il voulait le tuer, mais il craignait la foule, parce qu�on le tenait pour un proph�te.

6. Lors de l�anniversaire d�H�rode, la fille d�H�rodiade dansa au milieu de tous et plut � H�rode.

7. Aussi il l'assura dans un serment de lui donner ce qu�elle demanderait.

8. Pouss�e par sa m�re, elle d�clara : Donne-moi ici, sur un plat, la t�te de Jean le baptiste.

9. Le roi, attrist�, � cause de ses serments et des convives, ordonna qu�on la lui donne.

10. Et il envoya d�capiter Jean dans la prison.

11. Sa t�te fut apport�e sur un plat et donn�e � la jeune fille qui la porta � sa m�re.

12. Les disciples de Jean vinrent enlever le cadavre et l�ensevelirent. Puis ils all�rent l�annoncer � J�sus.

13. Quand Il apprit cela, J�sus se retira de l� dans une barque, vers un lieu d�sert, � l'�cart. Les foules l'apprirent et Le suivirent � pied depuis leurs villes.

14. Il sortit et vit une foule nombreuse. Emu de compassion, Il gu�rit ceux qui �taient infirmes.

15. Le soir venu, les disciples s'approch�rent en disant : Ce lieu est d�sert et l'heure d�j� tardive : cong�die les foules pour qu'elles aillent vers les villages s'acheter leur nourriture.

16. J�sus leur dit : Ils n'ont pas besoin de s'�loigner, donnez-leur vous-m�mes � manger.

17. Ceux-ci Lui dirent : Nous n'avons rien ici, sinon cinq pains et deux poissons.

18. Il dit : Apportez-les ici !

19. Ordonnant aux foules de s'installer sur l'herbe, Il prit les cinq pains et les deux poissons, leva les yeux vers le ciel et pronon�a la b�n�diction. Il les rompit et donna les pains aux disciples, puis les disciples aux foules.

20. Ils mang�rent tous et furent rassasi�s. Puis ils enlev�rent les morceaux en surplus, douze paniers pleins !

21. Environ cinq mille hommes mang�rent, sans compter les femmes et les enfants.

22. Aussit�t, Il obligea les disciples � monter dans la barque et � Le pr�c�der de l'autre c�t�, pendant qu'Il cong�diait les foules.

23. Ayant renvoy� les foules, Il monta vers la montagne � l'�cart pour prier. Le soir �tant venu, Il �tait seul.

24. La barque, d�j� �loign�e � une bonne distance de la terre, �tait malmen�e par les vagues car le vent �tait contraire.

25. A la quatri�me veille de la nuit, Il arriva vers eux en marchant sur la mer.

26. Les disciples Le voyant marcher sur la mer furent troubl�s. Ils se dirent qu'il s'agissait d'un fant�me, et cri�rent de peur.

27. Aussit�t, J�sus leur parla en disant : Ayez confiance, c'est Moi, ne craignez rien.

28. Pierre Lui r�pondit : Seigneur, si c'est Toi, ordonne-moi de venir pr�s de Toi sur les eaux.

29. Il lui dit : Viens ! Pierre descendit de la barque, marcha sur les eaux et s'approcha de J�sus.

30. Voyant le vent forcer, il eut peur et, commen�a � s'enfoncer. Il s'�cria : Seigneur, sauve-moi !

31. Aussit�t, J�sus �tendit la main, le saisit et lui dit : Incr�dule, pourquoi as-tu dout� ?

32. Une fois mont�s dans la barque, le vent se calma.

33. Dans la barque, ils se prostern�rent devant Lui en disant : Vraiment, Tu es Fils de Dieu.

34. Apr�s avoir travers�, ils rejoignirent la terre de G�n�sareth.

35. Les gens de ce lieu Le reconnurent et en inform�rent toute la contr�e alentour. On Lui amena tous les malades.

36. Ils lui demandaient de toucher seulement la frange de Son v�tement, et tous ceux qui Le touchaient furent sauv�s.

Allez jusqu'au bout de l'Evangile !

Commentaires et annotations

14.1 � 14.13 : La mort de Jean-Baptiste
(Passages parall�les en Marc 6.14-29 ; Luc 3.19-20 et Luc 9.7-9)

Ayant appris le meurtre de Jean le Baptiste, J�sus ressent le besoin de se recueillir en s'isolant.

Quels sont les sentiments de J�sus en cet instant ?

Tristesse ? Affliction face � la duret� du c�ur humain ?

Pass� le moment du deuil, J�sus a peut-�tre aussi pri� pour les coupables.

Un homme, H�rode, pouss� par sa convoitise, a fait emprisonner puis d�capiter Jean parce que celui-ci d�non�ait l'immoralit� de son comportement.

Les conditions de cette ex�cution relat�es dans la Bible t�moignent d'un monde o� r�gnent la cruaut� et la mort.

J�sus a peut-�tre pri� pour ces p�cheurs afin que ceux-ci se repentent puis est retourn� accomplir Sa mission dans ce monde, au contact de ceux qui souffrent.

Peu de choses ont chang� depuis. Il existe encore des hommes et des femmes pr�ts � tuer pour assouvir leurs ambitions, satisfaire leurs convoitises.

On d�capite encore de nos jours avec toujours autant de cruaut�. Il y a encore et toujours des millions de malades, de mis�reux qui demeurent dans l'attente d'un minimum de compassion face � notre indiff�rence.

Ce qui r�gne sur cette terre n'a rien � voir avec le plan de Dieu pour l'humanit�.

14.14 � 14.21 : La multiplication des pains
(Passages parall�les en Marc 6.30-44 ; Luc 9.10-17 et Jean 6.1-14)

Les quatre �vangiles attestent d'une premi�re multiplication des pains pour cinq mille hommes.

Au terme de ce repas, ce sont douze paniers pleins qui sont ramass�s.

Deux �vang�listes nous ont transmis une information compl�mentaire.

En Matthieu (15.32-38) et Marc (8.1-9), il est question d'une seconde multiplication des pains qui permit de nourrir quatre mille hommes.

Ce sont cette fois sept corbeilles pleines qui sont r�cup�r�es apr�s le partage des pains.

Ces �v�nements sont doublement symboliques.

Premier symbole : le partage du pain.

Depuis pr�s de deux mill�naires, des milliards d'hommes et de femmes ont partag� le pain lors de la comm�moration de la C�ne, accomplissant ainsi ce que J�sus avait pr�conis� peu avant sa mort.

Le partage du pain s'effectue en m�moire du sacrifice de J�sus.

Le pain offert, c'est le pain de vie, le pain du sacrifice de Celui qui est venu pour le pardon des p�ch�s.

En partageant le pain pour cinq mille hommes, puis pour quatre mille, auxquels s'ajoutent femmes et enfants, J�sus annonce Son sacrifice offert pour des milliers d'�tre humains.

Il s'agit donc d'une pr�figuration de la C�ne.

Second symbole : douze puis sept.

Dans un premier temps, on r�cup�re douze corbeilles, ce qui correspond au nombre des tribus d'Isra�l.

Peu apr�s, J�sus dira : � Je n'ai �t� envoy� que pour les brebis perdues de la maison d'Isra�l. � (Matthieu 15.24)

Puis J�sus se tourne vers les pa�ens. Et la seconde multiplication des pains va s'achever par sept paniers pleins, sept comme les jours de la Cr�ation.

La Cr�ation n'est pas seulement celle du peuple juif mais de l'humanit� enti�re. Ainsi, le chiffre sept symbolise la pl�nitude, l'ensemble du monde cr�� auquel est offert le pain de la nouvelle alliance.

14.22 � 14.36 : J�sus marche sur les eaux
(Passages parall�les en Marc 6.45-56 et Jean 6.16-21)

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