SECONDE EPITRE AUX CORINTHIENS

Le Nouveau Testament comment�

Chapitre 8 ~ Versets 1 � 24

Solidaires et �quitables


Traduction Louis Segond 1910

1 Nous vous faisons conna�tre, fr�res, la gr�ce de Dieu qui s'est manifest�e dans les Eglises de la Mac�doine.

2 Au milieu de beaucoup de tribulations qui les ont �prouv�es, leur joie d�bordante et leur pauvret� profonde ont produit avec abondance de riches lib�ralit�s de leur part.

3 Ils ont, je l'atteste, donn� volontairement selon leurs moyens, et m�me au del� de leurs moyens,

4 nous demandant avec de grandes instances la gr�ce de prendre part � l'assistance destin�e aux saints.

5 Et non seulement ils ont contribu� comme nous l'esp�rions, mais ils se sont d'abord donn�s eux-m�mes au Seigneur, puis � nous, par la volont� de Dieu.

6 Nous avons donc engag� Tite � achever chez vous cette oeuvre de bienfaisance, comme il l'avait commenc�e.

7 De m�me que vous excellez en toutes choses, en foi, en parole, en connaissance, en z�le � tous �gards, et dans votre amour pour nous, faites en sorte d'exceller aussi dans cette oeuvre de bienfaisance.

8 Je ne dis pas cela pour donner un ordre, mais pour �prouver, par le z�le des autres, la sinc�rit� de votre charit�.

9 Car vous connaissez la gr�ce de notre Seigneur J�sus-Christ, qui pour vous s'est fait pauvre, de riche qu'il �tait, afin que par sa pauvret� vous fussiez enrichis.

10 C'est un avis que je donne l�-dessus, car cela vous convient, � vous qui non seulement avez commenc� � agir, mais qui en avez eu la volont� d�s l'ann�e derni�re.

11 Achevez donc maintenant d'agir, afin que l'accomplissement selon vos moyens r�ponde � l'empressement que vous avez mis � vouloir.

12 La bonne volont�, quand elle existe, est agr�able en raison de ce qu'elle peut avoir � sa disposition, et non de ce qu'elle n'a pas.

13 Car il s'agit, non de vous exposer � la d�tresse pour soulager les autres,

14 mais de suivre une r�gle d'�galit� : dans la circonstance pr�sente votre superflu pourvoira � leurs besoins, afin que leur superflu pourvoie pareillement aux v�tres, en sorte qu'il y ait �galit�,

15 selon qu'il est �crit : Celui qui avait ramass� beaucoup n'avait rien de trop, et celui qui avait ramass� peu n'en manquait pas.

16 Gr�ces soient rendues � Dieu de ce qu'il a mis dans le coeur de Tite le m�me empressement pour vous ;

17 car il a accueilli notre demande, et c'est avec un nouveau z�le et de son plein gr� qu'il part pour aller chez vous.

18 Nous envoyons avec lui le fr�re dont la louange en ce qui concerne l'Evangile est r�pandue dans toutes les Eglises,

19 et qui, de plus, a �t� choisi par les Eglises pour �tre notre compagnon de voyage dans cette oeuvre de bienfaisance, que nous accomplissons � la gloire du Seigneur m�me et en t�moignage de notre bonne volont�.

20 Nous agissons ainsi, afin que personne ne nous bl�me au sujet de cette abondante collecte, � laquelle nous donnons nos soins ;

21 car nous recherchons ce qui est bien, non seulement devant le Seigneur, mais aussi devant les hommes.

22 Nous envoyons avec eux notre fr�re, dont nous avons souvent �prouv� le z�le dans beaucoup d'occasions, et qui en montre plus encore cette fois � cause de sa grande confiance en vous.

23 Ainsi, pour ce qui est de Tite, il est notre associ� et notre compagnon d'oeuvre aupr�s de vous ; et pour ce qui est de nos fr�res, ils sont les envoy�s des Eglises, la gloire de Christ.

24 Donnez-leur donc, � la face des Eglises, la preuve de votre charit�, et montrez-leur que nous avons sujet de nous glorifier de vous.

Nouvelle traduction de la Bible

1. Fr�res, nous allons porter � votre connaissance la gr�ce de Dieu envers les Eglises de Mac�doine.

2. Afflig�s par de multiples �preuves, ils abondaient dans la joie et, bien que tr�s pauvres, ils ont d�bord� par la richesse de leurs dons.

3. Spontan�ment selon leurs moyens, j'en t�moigne, et m�me au-del� de leurs moyens.

4. Ils ont beaucoup insist� aupr�s de nous pour avoir la gr�ce de participer � cette collecte en faveur des saints.

5. Il n'ont pas donn� comme nous l'esp�rions, mais ils se sont donn�s eux-m�mes, d'abord au Seigneur, puis � nous, par la volont� de Dieu.

6. Nous avons donc exhort� Tite � achever chez vous cette �uvre de bienfaisance, comme il l�avait commenc�e.

7. Comme vous disposez de tout en abondance, en foi, en �loquence, en connaissance, en z�le � tous �gards, et en amour re�u de nous, abondez aussi dans cette �uvre de bienfaisance.

8. Je ne dis pas cela comme un ordre, mais pour attester l'authenticit� de votre amour � l'image du z�le des autres.

9. Car vous connaissez la gr�ce de notre Seigneur J�sus Christ. Il s�est fait pauvre pour vous, de riche qu�Il �tait, afin que vous deveniez riches par Sa pauvret�.

10. J'exprime une opinion � ce sujet : c'est cela qui vous convient, � vous qui non seulement avez commenc� � agir, et qui, les premiers, en avez eu la volont� d�s l�an dernier.

11. Aussi maintenant, menez ceci � bien, afin que l'empressement dans la volont� se r�alise de m�me selon vos moyens.

12. Car si la bonne volont� existe, on est bien accueilli avec ce que l'on a, et ce que l'on n'a pas importe peu.

13. Il ne s'agit pas de vous mettre dans la g�ne pour soulager les autres, mais d'instaurer l��galit�.

14.�En cette circonstance, votre superflu compensera ce qui leur manque, afin que leur superflu compense aussi ce qui vous manque. Ainsi, il y aura �galit�.

15. Car il est �crit : � Celui qui avait beaucoup n�avait rien de trop, et celui qui avait peu n�a manqu� de rien. � (Exode 16.18)

16. Rendons gr�ce � Dieu qui a plac� au c�ur de Tite un z�le identique pour vous.

17. D'une part, il a accept� notre invitation et, d'autre part, il a manifest� encore plus d'empressement en partant spontan�ment vous rejoindre.

18. Nous avons envoy� avec lui le fr�re lou� dans toutes les Eglises au sujet de l'Evangile.

19. D'ailleurs, c'est � mains lev�es que les Eglises l'ont d�sign� pour m'accompagner dans cette �uvre de bienfaisance, ce service que nous rendons pour la gloire du Seigneur Lui-m�me et l'expression de notre z�le.

20. Nous cherchons � �viter toute forme de critique dans la gestion des sommes importantes qui nous incombe.

21. Car nous sommes soucieux du bien, au regard du Seigneur, mais aussi aux yeux des hommes.

22. Nous avons �galement envoy� avec eux notre fr�re, celui dont nous avons �prouv� le z�le � de multiples occasions, et qui en manifeste maintenant encore plus car il a une grande confiance en vous.

23. Concernant Tite, c'est mon associ� et mon collaborateur aupr�s de vous et nos fr�res, ce sont les d�l�gu�s des Eglises pour la gloire du Christ.

24. Aussi, prouvez-leur votre amour � la face des Eglises et d�montrez ainsi que nous avons raison d'�tre fiers de vous.

Allez jusqu'au bout de l'Evangile !

Commentaires et annotations

8.1 � 8.24 : La solidarit� dans l'�quit�
J�sus a rappel� ce commandement du Premier (Ancien) Testament � ses disciples :

� Tu aimeras ton prochain comme toi-m�me ... � (L�vitique 19.18)

Il ne les invitait pas pour autant � s'exposer � la d�tresse pour soulager les autres, mais � mettre en �uvre un principe d'�galit� par la solidarit�.

� Il ne s'agit pas de vous mettre dans la g�ne pour soulager les autres, mais d'instaurer l��galit�. � (verset 13)

Cette solidarit� entre chr�tiens, et au-del� avec toute l'humanit�, est attest�e d�s les premiers temps de l'Eglise.

� C'est � Antioche, pour la premi�re fois, que les disciples furent appel�s chr�tiens. En ces jours-l�, des proph�tes descendirent de J�rusalem � Antioche.

L�un d�eux, nomm� Agabus, se leva, et annon�a par l�Esprit qu�une grande famine allait se r�pandre sur toute la terre. Cela arriva sous Claude. Des disciples d�cid�rent d�envoyer, chacun selon ses ressources, un secours aux fr�res qui habitaient la Jud�e. � (Actes 11.26-29)

Se pr�occuper des autres, avoir conscience de l'autre, n'est pas incompatible avec la conscience de soi ... mais elle est cr�ation de conscience en soi.

Paul fonde son esp�rance sur une �ventuelle r�ciprocit�.

Il est l�gitime d'attendre en retour que celui auquel on a donn� s'en souvienne un jour.

Mais plus que pour soi, c'est surtout pour l'autre qu'il est souhaitable que cela se produise.

Car ... � Qu'as-tu que tu n'aies re�u ? � (1 Corinthiens 4.7)

Ce que nous avons re�u, ce que nous avons en trop, n'est-il pas simplement le fruit de circonstances favorables ?

Nous n'avons donc ni � nous en vanter, ni � attendre quoi que ce soit en retour lorsque nous faisons preuve de g�n�rosit�.

Car si Dieu a pourvu � nos besoins, n'est-ce pas afin de nous permettre de pourvoir aux besoins des autres en fonction de nos moyens ?

Ce sont bien souvent toujours les m�mes qui donnent ... et c'est logique, dans un monde o� r�gne l'in�galit�.

Dieu nous invite ainsi � d�velopper notre conscience collective, � cr�er de l'amour, de la solidarit�, de la g�n�rosit� dans un monde qui tangue avant de couler.

N'est-ce pas l'�go�sme de l'humanit� qui a conduit celle-ci � la d�rive ?

� L'Eternel vit que la m�chancet� des hommes se multipliait sur la terre. � (Gen�se 6.5)

Apr�s ce constat, Dieu d�cida d'�liminer toute trace de vie humaine par le D�luge.

No� en �chappa avec sa famille ... et l'humanit� s'est reconstruite avec la m�me nature p�cheresse.

C'est pourquoi J�sus nous a mis en garde :

� En effet, l�av�nement du Fils de l�homme rappellera les temps de No�. � (Matthieu 24.37)

Tout comme No� monta dans l'arche, les chr�tiens peuvent esp�rer �tre �pargn�s.

Mais quoi qu'il en soit, il ne faut pas oublier cet autre enseignement de J�sus sur la r�tribution :

� Donnez et il vous sera donn� une bonne mesure, bien tass�e et secou�e, abondante, qui �choira dans votre giron. Car de la m�me fa�on que vous mesurez, on mesurera en retour pour vous. � (Luc 6.38)

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