Traduction Louis Segond 1910
1 Lorsque J�sus eut achev� de donner ses instructions � ses douze disciples, il partit de l�, pour enseigner et pr�cher dans les villes du pays.
2 Jean, ayant entendu parler dans sa prison des oeuvres du Christ, lui fit dire par ses disciples :
3 Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ?
4 J�sus leur r�pondit : Allez rapporter � Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez :
5 les aveugles voient, les boiteux marchent, les l�preux sont purifi�s, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annonc�e aux pauvres.
6 Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute !
7 Comme ils s�en allaient, J�sus se mit � dire � la foule, au sujet de Jean : Qu��tes-vous all�s voir au d�sert ? un roseau agit� par le vent ?
8 Mais, qu��tes-vous all�s voir ? un homme v�tu d�habits pr�cieux ? Voici, ceux qui portent des habits pr�cieux sont dans les maisons des rois.
9 Qu��tes-vous donc all�s voir ? un proph�te ? Oui, vous dis-je, et plus qu�un proph�te.
10 Car c�est celui dont il est �crit : � Voici, j�envoie mon messager devant ta face, Pour pr�parer ton chemin devant toi. �
11 Je vous le dis en v�rit�, parmi ceux qui sont n�s de femmes, il n�en a point paru de plus grand que Jean-Baptiste. Cependant, le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui.
12 Depuis le temps de Jean-Baptiste jusqu�� pr�sent, le royaume des cieux est forc�, et ce sont les violents qui s�en emparent.
13 Car tous les proph�tes et la loi ont proph�tis� jusqu�� Jean ;
14 et, si vous voulez le comprendre, c�est lui qui est l�Elie qui devait venir.
15 Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.
16 A qui comparerai-je cette g�n�ration ? Elle ressemble � des enfants assis dans des places publiques, et qui, s�adressant � d�autres enfants,
17 disent : Nous vous avons jou� de la fl�te, et vous n�avez pas dans� ; nous avons chant� des complaintes, et vous ne vous �tes pas lament�s.
18 Car Jean est venu, ne mangeant ni ne buvant, et ils disent : Il a un d�mon.
19 Le Fils de l�homme est venu, mangeant et buvant, et ils disent : C�est un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des gens de mauvaise vie. Mais la sagesse a �t� justifi�e par ses oeuvres.
20 Alors il se mit � faire des reproches aux villes dans lesquelles avaient eu lieu la plupart de ses miracles, parce qu�elles ne s��taient pas repenties.
21 Malheur � toi, Chorazin ! malheur � toi, Bethsa�da! car, si les miracles qui ont �t� faits au milieu de vous avaient �t� faits dans Tyr et dans Sidon, il y a longtemps qu�elles se seraient repenties, en prenant le sac et la cendre.
22 C�est pourquoi je vous le dis : au jour du jugement, Tyr et Sidon seront trait�es moins rigoureusement que vous.
23 Et toi, Caperna�m, seras-tu �lev�e jusqu�au ciel ? Non. Tu seras abaiss�e jusqu�au s�jour des morts ; car, si les miracles qui ont �t� faits au milieu de toi avaient �t� faits dans Sodome, elle subsisterait encore aujourd�hui.
24 C�est pourquoi je vous le dis : au jour du jugement, le pays de Sodome sera trait� moins rigoureusement que toi.
25 En ce temps-l�, J�sus prit la parole, et dit : Je te loue, P�re, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as cach� ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as r�v�l�es aux enfants.
26 Oui, P�re, je te loue de ce que tu l�as voulu ainsi.
27 Toutes choses m�ont �t� donn�es par mon P�re, et personne ne conna�t le Fils, si ce n�est le P�re ; personne non plus ne conna�t le P�re, si ce n�est le Fils et celui � qui le Fils veut le r�v�ler.
28 Venez � moi, vous tous qui �tes fatigu�s et charg�s, et je vous donnerai du repos.
29 Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de coeur ; et vous trouverez du repos pour vos �mes.
30 Car mon joug est doux, et mon fardeau l�ger.
|
Nouvelle traduction de la Bible
1. Quand J�sus eut termin� Ses instructions � Ses douze disciples, Il s'�loigna de l� pour enseigner et pr�cher dans leurs villes.
2. Jean, ayant appris en prison les �uvres du Christ, envoya ses disciples.
3. Ils Lui demand�rent : Toi, es-tu Celui qui doit venir ou bien devons-nous attendre un autre ?
4. Et J�sus leur r�pondit : Allez annoncer � Jean ce que vous entendez et voyez.
5. Les aveugles voient de nouveau et les boiteux marchent, les l�preux sont purifi�s et les sourds-muets entendent, les morts se rel�vent et les pauvres re�oivent la Bonne Nouvelle.
6. Bienheureux celui pour lequel je ne suis pas une cause de scandale.
7. Ceux-ci partis, J�sus commen�a � dire aux foules au sujet de Jean : Qu'�tes-vous all�s voir dans le d�sert ? Un roseau agit� par le vent ?
8. Mais qu'�tes-vous donc sortis voir ? Un homme v�tu d'habits raffin�s ? Mais ceux qui portent des habits raffin�s sont dans les maisons de rois.
9. Alors, qu'�tes-vous all�s voir ? Un proph�te ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu'un proph�te !
10. C'est celui au sujet duquel il a �t� �crit : � Voici, J'envoie Mon messager avant Toi, il pr�parera Ton chemin devant Toi. �
11. Ma foi, je vous le dis, il ne s'en est pas lev� de plus grand que Jean le Baptiste parmi ceux qui sont n�s de femmes. Mais le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui.
12. Depuis l'�poque de Jean le Baptiste jusqu'� maintenant, le Royaume des cieux est agress� et les violents s'en emparent.
13. En effet, tous les proph�tes et la Loi jusqu'� Jean ont proph�tis�.
14. Et si vous voulez bien l'admettre, il est cet Elie qui devait venir.
15. Que celui qui a des oreilles, entende !
16. A qui comparerai-je cette g�n�ration ? Elle est semblable � des enfants assis sur les places de march�s s'adressant aux autres.
17. Ils disent : "Nous vous avons jou� de la fl�te, et vous n'avez pas dans�, nous vous avons chant� des complaintes et vous ne vous �tes pas frapp� la poitrine."
18. En effet, Jean est venu sans manger ni boire, et ils disent : "Celui-ci a un d�mon !"
19. Voici le Fils de l'homme, qui mange et qui boit, et ils disent : "Cet homme, glouton et ivrogne, est un ami des collecteurs d'imp�ts et des p�cheurs." Mais la Sagesse fut justifi�e par ses propres �uvres.
20. Alors Il commen�a � faire des reproches aux villes dans lesquelles �taient survenus Ses nombreux miracles, parce qu�elles ne s��taient pas converties.
21. Malheureuse es-tu, Chorazin ! Malheureuse es-tu, Bethsa�da ! Car si les miracles accomplis chez vous s'�taient produits dans Tyr et dans Sidon, il y a longtemps qu�elles se seraient repenties sous le sac et la cendre.
22. Aussi, je vous le dis : le jour du jugement sera plus tol�rable pour Tyr et Sidon que pour vous.
23. Et toi, Capharna�m, seras-tu �lev�e jusqu�au ciel ? Jusqu'en Had�s, tu descendras ! Car, si les miracles accomplis chez toi s'�taient produits � Sodome, elle subsisterait encore aujourd�hui.
24. Aussi, je vous le dis : le jour du jugement sera plus tol�rable pour le pays de Sodome que pour toi.
25. En ce temps-l�, prenant la parole, J�sus dit : Je Te c�l�bre, P�re, Seigneur du ciel et de la terre, car tu as cach� cela aux sages et aux intelligents pour le r�v�ler aux petits-enfants.
26. Oui, P�re, car ainsi fut Ton bon plaisir.
27. Tout m'a �t� donn� par mon P�re, personne ne conna�t le Fils sinon le P�re, et nul ne conna�t le P�re sinon le Fils, et celui � qui le Fils veut le r�v�ler.
28. Venez � moi vous tous qui peinez d'avoir �t� charg�s. Moi, je vous donnerai le repos !
29. Portez mon joug sur vous et �coutez-moi. Car je suis doux et humble de c�ur, et vous trouverez le repos en vos �mes.
30. En effet, mon joug est ais� � porter et mon fardeau est l�ger.
|
Allez jusqu'au bout de l'Evangile !
|
Commentaires et annotations
11.1 � 11.19 : Eloge de Jean Baptiste
(Passage parall�le en Luc 7.18-35)
Au verset 10, Matthieu se r�f�re au proph�te Malachie (3.1) qui annon�ait la venue d'un messager pr�parant la venue du Messie.
Jean le Baptiste assuma cette fonction de messager pr�c�dant le Seigneur. Le texte de Malachie se poursuit en ces termes :
� Et soudain entrera dans son temple le Seigneur que vous cherchez ; Et le messager de l�alliance que vous d�sirez, voici, il vient, Dit l�Eternel des arm�es. �
J�sus atteste ainsi que Jean fut ce messager de l'alliance nouvelle, celle que le peuple juif attendait depuis des si�cles, et que seule une minorit� a su identifier.
11.20 � 11.24 : Les villes inconverties
(Passages parall�les en Matthieu 10.15 et Luc 10.10-15)
J�sus accomplit beaucoup de miracles ... mais nombreux sont ceux qui n'ont pas compris que toutes ces gu�risons physiques �taient une invitation � la gu�rison spirituelle : la conversion.
Des hommes, des femmes, des villes enti�res, auxquels la Parole de Dieu fut adress�e, et attest�e par des signes miraculeux, ont continu� � vivre comme avant. Refusant de se repentir, ils n'ont pu changer de vie.
Ce que l'on qualifie de "miracle" devrait �tre le plus souvent appel� "signe" en r�f�rence au terme grec correspondant : "semeion". Or, qu'est-ce qu'un signe ?
C'est un appel que l'on peut voir ... ou non.
Les signes miraculeux ne changent rien pour celui qui refuse de voir ... de croire et d'engager, en cons�quence, une r�forme en profondeur de son comportement. En �sa�e 53.1, il est �crit :
� Qui a cru � ce qui nous �tait annonc� ? Qui a reconnu le bras de l'�ternel ? �
Sept si�cles avant l'incarnation de J�sus Christ, le proph�te �sa�e dressait d�j� le constat, parlant au pass� de ce qui se produirait bien apr�s lui et qui est devenu ... notre pass� ... ou notre pr�sent.
Est-ce � dire que tout est �crit � l'avance ?
Oui, dans les grandes lignes. Le sch�ma directeur dans lequel nous naissons, vivons et mourons est trac�. Mais � l'int�rieur de ce plan d'ensemble, les uns choisissent un jour une voie, celle du repentir ... et les autres s'enferment dans leur aveuglement.
Pour les premiers, c'est le repentir, la conversion : une nouvelle vie commence !
Pour les seconds, ils seront jug�s lors de la r�surrection ...
� Les morts furent jug�s, selon ce qui �tait �crit dans les livres, en fonction de leurs �uvres. � (Apocalypse 20.12)
11.25 � 11.30 : Conna�tre Dieu
(Passage parall�le en Luc 10.21-22)
La communion entre le P�re et le Fils se manifeste ici par les r�v�lations transmises � J�sus, Lui-m�me ayant en charge de les porter � la connaissance des disciples.
Une r�v�lation limit�e aux bienheureux ... � Parce qu'il vous est donn� de conna�tre les myst�res du Royaume des cieux, mais cela ne leur est pas donn�. � (Matthieu 13.11)
Une r�velation incompr�hensible aux autres ... � En effet, la pr�dication de la croix est une folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui sont sauv�s, pour nous, c'est une puissance de Dieu. Aussi est-il �crit : Je d�truirai la sagesse des sages, et j'an�antirai l�intelligence des intelligents. � (1 Corinthiens 1.18-19)
Dans l'�p�tre aux Corinthiens, l'ap�tre Paul se r�f�rait, tout comme J�sus � un principe �nonc� dans le Premier Testament, notamment en Esa�e 29.14 : la pr�tendue sagesse des hommes qui se croient intelligents ne permet pas d'acc�der � la connaissance de Dieu.
|