EVANGILE de Jésus Christ selon LUC

Le Nouveau Testament comment�

Chapitre 5 ~ Versets 1 � 39

Miracles, gu�rison et enseignement


Traduction Louis Segond 1910

1 Comme J�sus se trouvait aupr�s du lac de G�n�sareth, et que la foule se pressait autour de lui pour entendre la parole de Dieu,

2 il vit au bord du lac deux barques, d'o� les p�cheurs �taient descendus pour laver leurs filets.

3 Il monta dans l'une de ces barques, qui �tait � Simon, et il le pria de s'�loigner un peu de terre. Puis il s'assit, et de la barque il enseignait la foule.

4 Lorsqu'il eut cess� de parler, il dit � Simon : Avance en pleine eau, et jetez vos filets pour p�cher.

5 Simon lui r�pondit : Ma�tre, nous avons travaill� toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je jetterai le filet.

6 L'ayant jet�, ils prirent une grande quantit� de poissons, et leur filet se rompait.

7 Ils firent signe � leurs compagnons qui �taient dans l'autre barque de venir les aider. Ils vinrent et ils remplirent les deux barques, au point qu'elles enfon�aient.

8 Quand il vit cela, Simon Pierre tomba aux genoux de J�sus, et dit : Seigneur, retire-toi de moi, parce que je suis un homme p�cheur.

9 Car l'�pouvante l'avait saisi, lui et tous ceux qui �taient avec lui, � cause de la p�che qu'ils avaient faite.

10 Il en �tait de m�me de Jacques et de Jean, fils de Z�b�d�e, les associ�s de Simon. Alors J�sus dit � Simon : Ne crains point ; d�sormais tu seras p�cheur d'hommes.

11 Et, ayant ramen� les barques � terre, ils laiss�rent tout, et le suivirent.

12 J�sus �tait dans une des villes ; et voici, un homme couvert de l�pre, l'ayant vu, tomba sur sa face, et lui fit cette pri�re : Seigneur, si tu le veux, tu peux me rendre pur.

13 J�sus �tendit la main, le toucha, et dit : Je le veux, sois pur. Aussit�t la l�pre le quitta.

14 Puis il lui ordonna de n'en parler � personne. Mais, dit-il, va te montrer au sacrificateur, et offre pour ta purification ce que Mo�se a prescrit, afin que cela leur serve de t�moignage.

15 Sa renomm�e se r�pandait de plus en plus, et les gens venaient en foule pour l'entendre et pour �tre gu�ris de leurs maladies.

16 Et lui, il se retirait dans les d�serts, et priait.

17 Un jour J�sus enseignait. Des pharisiens et des docteurs de la loi �taient l� assis, venus de tous les villages de la Galil�e, de la Jud�e et de J�rusalem ; et la puissance du Seigneur se manifestait par des gu�risons.

18 Et voici, des gens, portant sur un lit un homme qui �tait paralytique, cherchaient � le faire entrer et � le placer sous ses regards.

19 Comme ils ne savaient par o� l'introduire, � cause de la foule, ils mont�rent sur le toit, et ils le descendirent par une ouverture, avec son lit, au milieu de l'assembl�e, devant J�sus.

20 Voyant leur foi, J�sus dit : Homme, tes p�ch�s te sont pardonn�s.

21 Les scribes et les pharisiens se mirent � raisonner et � dire : Qui est celui-ci, qui prof�re des blasph�mes ? Qui peut pardonner les p�ch�s, si ce n'est Dieu seul ?

22 J�sus, connaissant leurs pens�es, prit la parole et leur dit : Quelles pens�es avez-vous dans vos coeurs ?

23 Lequel est le plus ais�, de dire : "Tes p�ch�s te sont pardonn�s", ou de dire : "L�ve-toi, et marche" ?

24 Or, afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les p�ch�s : "Je te l'ordonne", dit-il au paralytique, "l�ve-toi, prends ton lit, et va dans ta maison".

25 Et, � l'instant, il se leva en leur pr�sence, prit le lit sur lequel il �tait couch�, et s'en alla dans sa maison, glorifiant Dieu.

26 Tous �taient dans l'�tonnement, et glorifiaient Dieu ; remplis de crainte, ils disaient : Nous avons vu aujourd'hui des choses �tranges.

27 Apr�s cela, J�sus sortit, et il vit un publicain, nomm� L�vi, assis au lieu des p�ages. Il lui dit : Suis-moi.

28 Et, laissant tout, il se leva, et le suivit.

29 L�vi lui donna un grand festin dans sa maison, et beaucoup de publicains et d'autres personnes �taient � table avec eux.

30 Les pharisiens et les scribes murmur�rent, et dirent � ses disciples : Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les gens de mauvaise vie ?

31 J�sus, prenant la parole, leur dit : Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de m�decin, mais les malades.

32 Je ne suis pas venu appeler � la repentance des justes, mais des p�cheurs.

33 Ils lui dirent : Les disciples de Jean, comme ceux des pharisiens, je�nent fr�quemment et font des pri�res, tandis que les tiens mangent et boivent.

34 Il leur r�pondit : Pouvez-vous faire je�ner les amis de l'�poux pendant que l'�poux est avec eux ?

35 Les jours viendront o� l'�poux leur sera enlev�, alors ils je�neront en ces jours-l�.

36 Il leur dit aussi une parabole : Personne ne d�chire d'un habit neuf un morceau pour le mettre � un vieil habit ; car, il d�chire l'habit neuf, et le morceau qu'il en a pris n'est pas assorti au vieux.

37 Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, le vin nouveau fait rompre les outres, il se r�pand, et les outres sont perdues ;

38 mais il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves.

39 Et personne, apr�s avoir bu du vin vieux, ne veut du nouveau, car il dit : "Le vieux est bon".

Nouvelle traduction de la Bible

1. Un jour, la foule se serrait contre Lui pour entendre la Parole de Dieu. Il �tait debout pr�s du lac de Gennesareth.

2. Il vit deux barques qui �taient pr�s du lac, les p�cheurs en �taient descendus pour laver les filets.

3. Alors Il monta dans une des barques qui �tait � Simon et lui demanda de s'�loigner de la terre un peu au large. Puis Il s'assit et enseigna aux foules depuis l'embarcation.

4. Quand Il eut fini de parler, Il dit � Simon : Avance en eau profonde et jetez vos filets de p�che.

5. Simon Lui r�pondit : Ma�tre, nous avons pein� toute la nuit et nous n'avons rien pris. Mais, sur ta parole, je jetterai les filets.

6. Apr�s l'avoir fait, ils prirent une grande quantit� de poissons. Leurs filets se d�chiraient.

7. Ils firent signe aux compagnons de l'autre barque afin qu'ils viennent leur donner un coup de main. Ils vinrent et remplirent les deux barques jusqu'� ce qu'elles s'enfoncent.

8. Quand il vit cela, Simon Pierre tomba aux genoux de J�sus en disant : Eloigne-toi de moi, Seigneur, parce que je suis un p�cheur.

9. En effet la crainte l'avait saisi, ainsi que tous ceux qui �taient avec lui, � cause de la quantit� de poissons qu'ils avaient pris.

10. Il en allait de m�me pour Jacques et Jean, les fils de Z�b�d�e, qui �taient compagnons de Simon. Alors J�sus dit � Simon : N'aie crainte ! D�sormais, ce sont des hommes que tu prendras vivants !

11. Apr�s avoir conduit les barques � terre, ils laiss�rent tout et Le suivirent.

12. Il �tait dans une de ces villes�quand un homme couvert de l�pre vit J�sus. Il tomba face � terre et Lui fit cette pri�re�: Seigneur, si tu le veux, tu peux me rendre pur.

13. Il �tendit la main et le toucha en disant�: Je le veux, sois purifi�. Aussit�t la l�pre le quitta.

14. Il lui recommanda de n�en parler � personne : Mais, apr�s ton d�part, va te montrer au pr�tre et offre pour ta purification ce que Mo�se a prescrit, cela leur servira de t�moignage.

15. On parlait de Lui de plus en plus, et les gens venaient en nombre pour L��couter et �tre gu�ris de leurs maladies.

16. Mais Lui, Il se retirait dans les d�serts pour prier.

17. Un jour o� Il enseignait, des Pharisiens et des docteurs de la loi venus de villages de Galil�e, de Jud�e et de J�rusalem �taient dans l'assistance. La puissance du Seigneur �tait avec Lui pour accomplir des gu�risons.

18. Des hommes portaient un homme qui �tait paralys� sur une civi�re. Ils cherchaient � le faire entrer pour le placer devant Lui.

19. Ne trouvant pas o� le faire entrer, � cause de la foule, ils mont�rent sur le toit et, au travers des tuiles, ils le descendirent avec la civi�re en plein milieu, devant J�sus.

20. Voyant leur foi, Il dit : Homme, tes p�ch�s te sont remis.

21. Alors, les scribes et les Pharisiens tinrent ce dialogue : Qui est-il pour prof�rer des blasph�mes ? Qui a le pouvoir de remettre les p�ch�s, sinon Dieu seul ?

22. J�sus eut connaissance de leurs discussions. Il leur demanda : Quels sont ces d�bats qui vous animent ?

23. Est-il plus facile de dire : "Tes p�ch�s te sont remis", ou de dire : "L�ve-toi et marche" ?

24. Il faut que vous sachiez que le Fils de l'homme a le pouvoir sur la terre de remettre les p�ch�s. Il dit au paralys� : Je te le dis : L�ve-toi, prends ta civi�re et rentre chez toi !

25. Il se leva aussit�t devant eux, il prit ce qui lui servait de civi�re et partit chez lui en glorifiant Dieu.

26. Ils �taient tous stup�faits. Ils glorifiaient Dieu, remplis de crainte, et disaient : Aujourd'hui, nous avons vu des choses extraordinaires.

27. Ensuite, Il sortit et remarqua un collecteur d'imp�ts nomm� L�vi qui �tait assis au bureau des taxes. Il lui dit : Suis-moi !

28. Abandonnant tout, il se leva et Le suivit.

29. Alors L�vi organisa en Son honneur un grand festin dans sa maison. Il y avait beaucoup de collecteurs d'imp�ts et d'autres gens install�s � table avec eux.

30. Les Pharisiens et leurs scribes murmur�rent alors aupr�s de Ses disciples : Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les taxateurs et les p�cheurs ?

31. J�sus leur dit en r�ponse : Les bien portants n'ont pas besoin de m�decin, mais ceux qui vont mal.

32. Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les p�cheurs � se convertir.

33. Ils lui dirent�: Les disciples de Jean je�nent fr�quemment et font des pri�res, de m�me ceux des Pharisiens. Les tiens, par contre, mangent et boivent.

34. Mais J�sus leur dit�: Pouvez-vous faire je�ner les invit�s de la noce pendant que l��poux est avec eux�?

35. Les jours viendront o� l��poux leur sera enlev�. Alors ils je�neront en ces jours-l�.

36. Il leur dit aussi une parabole�: Personne ne d�chire d�un v�tement neuf un morceau d'�toffe pour le mettre sur un vieux v�tement. Car ainsi, on aura d�chir� le neuf, et la pi�ce tir�e du neuf ne sera pas assortie au vieux.

37. De m�me, personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres.�Car, de ce fait, le vin nouveau fera �clater les outres, il se r�pandra et les outres seront perdues.

38. Ainsi, il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves.

39. Car personne, apr�s avoir bu du vin vieux, ne d�sire du nouveau. On dit en effet : "Le vieux est meilleur !"

Allez jusqu'au bout de l'Evangile !

Commentaires et annotations

5.1 � 5.11 : P�cheur d'hommes
(Passages parall�les en Matthieu 4.18-22 et Marc 1.16-20 et Jean 21.1-11)

Simon Pierre, comme tous les disciples, �tait un p�cheur. Il le reconna�t humblement (verset 8).

Cet homme �tait aussi un p�cheur qui exer�ait son m�tier dans le lac de Gennesareth. Il n'avait jamais connu de p�che miraculeuse.

Mais J�sus va en faire un "p�cheur d'hommes". Qu'un homme p�cheur devienne un p�cheur d'hommes, n'est-ce pas cela le miracle ?

5.12 � 5.16 : Purification d'un l�preux
(Passages parall�les en Matthieu 8.1-4 et Marc 1.40-45)

La l�pre est depuis des mill�naires un fl�au mondial.

Derri�re cette maladie de peau, � laquelle �taient associ�es d'autres maladies �galement qualifi�es de "l�pres", les anciens voyaient une manifestation d'impuret� spirituelle.

En fait, il est toujours facile d'�carter quelqu'un de malade et contagieux en prenant pour pr�texte une impuret� spirituelle qui serait � l'origine de la maladie.

Mais celui qui, apparemment non "l�preux", se permet de juger son prochain, est-il plus "propre" ?

J�sus n'entre pas dans ces consid�rations. A celui qui demande et qui croit, Il donne, Il pardonne.

En disant : � Je le veux, sois purifi�. � (verset 13) ... c'est le corps et l'�me de cet homme qu'Il gu�rit, sans h�siter � lui toucher la main.

Cette gu�rison miraculeuse succ�de � une p�che miraculeuse o� l'on voit Simon et ses compagnons retirer de l'eau d'�normes quantit�s de poissons.

Simon et ses compagnons sont effray�s.

Simon demande � J�sus de s'�loigner de lui en disant : � Je suis un p�cheur. � (verset 8)

Simon a conscience de son impuret� morale, sans pour autant avoir une quelconque l�pre.

Mais � cet homme qui se repent, J�sus confie une mission : � D�sormais, ce sont des hommes que tu prendras vivants ! � (verset 10)

J�sus est rev�tu de la puissance de Dieu :

� C'est lui qui pardonne toutes tes iniquit�s, Qui gu�rit toutes tes maladies ... � (Psaume 103.3)

J�sus est venu pour transmettre cette puissance � Ses disciples, pour leur donner aussi la capacit� de gu�rir les �mes comme les corps.

5.17 � 5.26 : Gu�rison d'un paralytique
(Passages parall�les en Matthieu 9.1-8 et Marc 2.1-12)
5.27 � 5.32 : J�sus appelle L�vi
(Passages parall�les en Matthieu 9.9-13 et Marc 2.13-17)
5.33 � 5.39 : Le je�ne, le vieux et le neuf
(Passages parall�les en Matthieu 9.14-17 et Marc 2.18-22)

Dans certains milieux religieux ou spirituels, le je�ne est une pratique courante, souvent associ�e � une forme d'asc�tisme.

Priver le corps de nourriture, parfois � l'extr�me, est con�u comme favorisant le d�veloppement de la spiritualit� par une purification du corps, ou encore une mortification de la chair constituant un sacrifice.

Qu'en est-il en v�rit� ... notamment de la part des "pharisiens" de toutes �poques plus soucieux de simul�cres religieux que d'une r�elle pi�t� ?

J�sus ne condamne pas le je�ne, et il le recommande m�me parfois.

Mais Il invite Ses disciples � ne pas �tre tristes, d�figur�s, sinistres.

Le je�ne est une pratique personnelle et int�rieure, qui se vit dans la discr�tion.

Celui qui je�ne ne doit pas �tre afflig� : il rayonne !

� Quand vous je�nez, ne soyez pas sombres comme les hypocrites. Leurs figures ravag�es font para�tre aux hommes qu'ils je�nent.

Ma foi, je vous le dis : ils re�oivent ainsi leur r�compense.

Mais toi, quand tu je�nes, parfume ta t�te et lave ta figure. � (Matthieu 6.16-17)

Le je�ne peut-il rendre heureux celui qui le pratique tout en plaisant � Dieu ?

Cela d�pend peut-�tre du type de je�ne que l'on s'engage � pratiquer ...

� Voici le je�ne auquel je prends plaisir :

D�tache les cha�nes de la m�chancet�, D�noue les liens de la servitude, Renvoie libres les opprim�s, Et que l�on rompe toute esp�ce de joug ;

Partage ton pain avec celui qui a faim, Et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile ;

Si tu vois un homme nu, couvre-le, Et ne te d�tourne pas de ton semblable. � (Esa�e 58.6-7)

L'amour du prochain est con�u comme un je�ne ... car nous donnons ce dont nous nous privons.

Ainsi, nous faisons plaisir � Dieu, � ceux qui re�oivent nos bienfaits ... et � nous-m�mes !

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